mercredi 15 janvier 2020

Battle Cry, No 'Little Woman, No game"





J'ai rangé des étagères, rendu accessible des jeux qui ne l'étaient plus. J'ai emmené mes filles, le week-end dernier au cinéma, voir la dernière version des filles du docteur March, de Greta Gerwig. 



 On a parlé de cette guerre, pour situer, puisque le père des héroïnes est en train de la faire, d'où son absence. Et j'ai innocemment proposé une partie de Battle Cry, le jeu de R.Borg qui instaure le système qu'on retrouve sur moultes périodes de Mémoire 44 à Command & Colors : Ancient, Medieval ou Napoleonics. Identifié par ma cadette comme le jeu du docteur March. Les regles pas de soucis, elle a déjà joué à Mémoire 44, mais je crois qu'elle adhère plus à cette ambiance. 




On a commencé par Bull run que j'ai remporté d'un court point après avoir été mené. Je joue le Sud, car comme toujours mes filles ne veulent pas jouer les méchants ( toi le fan de Venner qui me dit partisan, quitte ce blog de suite je te vois).


Next Step : Glory !

Ça lui a trotté dans la tête car ce midi, soit 5 jours après notre Bull Run, elle m'a demandé quand elle étudierait la guerre de sécession, je lui ai répondu, jamais, ce n'est pas au programme, pas de livre vulgarisateur non plus, du coup je lui ai proposé un Tuniques Bleues qu'elle a dévoré. J'ai prévu de lui ressortir la collec de mon Bat-stockage ce Week-end. Et on s'est fait Pea Ridge que j'ai perdu 6-5.



Si je pouvais remettre la main sur les photos de Bull Run, de Gettysburg, Harpers Ferry. Elle n'imagine pas la chance qu'elle a d'avoir déjà arpenté ces champs de bataille. En tout cas "No Little woman, no game".




samedi 21 décembre 2019

Que se cache-il derrière les jeux Legacy?




C'est visiblement la mode des jeux legacy, composés d’éléments à débloquer et qui altèrent le jeu définitivement. En dehors de l'intérêt ludique, je vous renvoie vers cet article de Tric-trac, n'y a -t-il pas une volonté, que l'on a vu à l’œuvre ces dernière années dans le jeu vidéo avec l'enregistrement obligatoire; la volonté de tuer le marche de l'occaz, florissant dans le marché du jeu de plateau, où presque tout le monde achète plus qu'il ne joue, et revend souvent à intervalle régulier pour faire place à ses nouvelles acquisitions. Là, le jeu même non fini, ça va être plus balaise à vendre qu'un vieil Heroquest. Objectif pour les éditeurs, vendre plus de neuf, j'avoue que je comprends la logique des mecs du marketing, vu que j'ai tendance moi-même à acheter d'occaz, bien moins cher ces dernières années. J'ai évidemment craqué, comme un fanboy de base, j'ai pledgé le Vampire la Mascarade Heritage et acheté le fameux Gloomhaven. Me reste à tester les mécaniques, en espérant que l'investissement à usage unique en vaudra la chandelle.    


samedi 9 mars 2019

Friedland (Descartes) Ca vaut quoi un souvenir, 10 balles?


Aujourd'hui j'ai acheté à un pote qui faisait du vide le premier wargame auquel j'ai joué, Friedland de J.-J.Petit, pour 10 roros, le machin unpunched ( non-découpé). Je n'y rejouerai jamais, sans doute, mais c'est ma première partie, mon premier jeu d'Histoire, la seule sur ce jeu d'ailleurs. Mon cousin l'avait acheté au Jouéclub de Colmar, les jeux Descartes étaient alors assez bien distribués.  J'étais en 4e, en 1991... ou pas sur BGG, on me dit que c'est 1992, ma mémoire me joue déjà des tours. 10 balles c'est le prix du souvenir, c'est pas si cher, même si ça prend plus de place que dans mes neurones.

mardi 20 février 2018

Cologne : 3 étoiles au Michelin du Geek around the World : Brave New Wolrd, Hive World , Retrospiel.


Traditionnellement, la deuxième chose que je fais après avoir choisir une destination c'est de regarder les boutiques pour geeks du coin. Avec Cologne il faudrait faire l'inverse, regardez les boutiques et choisissez cette ville comme destination. 



Petit tour des lieux avec, pour débuter, celle qui me faisait le plus de l’œil, la plus centrale. Brave New World, au cœur des rues avec les boutiques mainstream, pas loin de la cathédrale, pas besoin de traîner votre petite famille trop loin. Référence à Huxley, c'est la deuxième fois que je trouve une boutique ayant ce nom ( la première était à Philadelphie je crois), c'est un comble de prendre cette œuvre subversive pour en faire des temples consacrés à la consommation de produits addictifs. Mais nous sommes tous dans la contradiction et je ne vais surtout pas jeter à cette boutique, qui est clairement, une des meilleures que j'ai pu visiter à ce jour, USA compris. Le patron est très sympa, et j'ai taillé la bavette avec lui. C'est ainsi que m'extasiant devant son rayon wargame, j'ai appris qu'il était en fait le distributeur de GMT en Allemagne. Ça explique mieux cet impressionnant Stock de Wargame. Il y avait tout ce qui était dispo en GMT, MMP, Compass, Clash of Arms, Lock n'Load...et des éditeurs plus petits, la boite Frenchy d'Urban Opération y était aussi.


Mais ce n'était pas tout le rayon à l'entrée est consacré à Heroclix, avec les dernières extensions représentées de façon décentes, et à Dice masters. 



 La boutique propose aussi des jeux de plateaux en pagaille, des Jeux de rôles, version allemande de Vampire, D&D5...





 Ma fille ainée a été ravie de trouver le bestiaire pour Tails of Equestria, l'excellent JDR pour enfant sur la série My Little Pony. Mais le magasin propose aussi des décors, de la figs, Infinity est bien représenté, mais il y aussi un stock du Dust, du Wings of war/Glory avec les immenses avions Zeppelin à 90 boules qui représentent pour ce jeu, ce que sont le Tantive IV et l'Imperial raider pour X-wing, des marques plus indépendantes.



 Ils ont aussi pas mal de Warlord Games et surtout des boites Plastic Soldier Compagny, première fois que je vois cette marque en magasin, pour ma part, je n'avais fait que commandé direct sur leur site avant.



 Vous trouverez aussi des "action figure" tirés de films d'horreur et quelques curiosités comme ce soldat allemand Zombie WW1. A visiter sans modération !!!  


 Butin: 




L'aprem on a traversé Neumark, pour aller voir une autre boutique, à peine plus loin, compter 10 mn à pied au max. Direction Hive World, j'avais compris que la seconde boutique était plus tournée vers les cartes, après ma discussion à la première boutique. Elle paye pas de mine, petite devanture avec couloir très enfilé. 



Paradis des joueurs de Magic, beaucoup de Dice master, pas mal de JDR, et des JCE/LCG en pagaille. 




La boutique contrairement à l'autre propose quelques tables. Et il y a  là aussi tout ce qu'il faut pour votre bonheur de ludopathe.  Mes filles ont été ravies, car j'ai trouvé des Dice Wonder Woman pour l'une et des booster du CCG My Mittle Pony ( oui c'est une franchise qui marche bien chez moi), la dernière fois qu'elle en avait vu en magasin c'était aux USA, elles étaient fin folles, en revanche ça devait être un fond de stock, vu que c'était les deux premières séries seulement qui était dispo. Mais après un premier draft sur ce jeu vendredi, elles ont été séduites par le concept, et ont tenu à ce qu'on en refasse un après nos 8H de marche dans la ville, car on fait pas que geeker dans la vie.  Moi j'ai craqué pour un jeu qui sera sans doute traduit par FFG France Battle for Rokugan mais j'aime bien l'idée de l'avoir avant, et pour des protège-cartes Netrunner car les soldes en France ont été l'occasion d'un Krakage, pour cause de fin du jeu, alors qu'ici en Allemagne il a l'air de se porter très bien, des campagnes sont traduites et le Coreset 2.0 est dispo dans la langue de Goethe.  



Butin ' (du coup je retournai pas chercher Heroes of North Africa dans la première boutique sur lequel j'ai hesité ). 







Pour finir sur la route de retour de notre appart, un truc que je vous offre car vous le ne trouverez pas forcément, Retrospiel Une très symathique boutique de retrogaming très bien achalandée.




 Beaucoup de jeux en boite et surtout de consoles en boite de toutes générations. On se rend compte du stock disponible qui semble assez impressionnant, même si les cotes s'emballent en France. J'ai pas vu les prix, mais le vendeur était là encore très sympa. Une borne d'arcade avec Toki tournait dans un coin, quand on voyait dans l'autre une Néo Geo en boite. Il y avait même un Amiga !







Consoles en loose ou pas,  trucs des très vieux ( voire la vitrine). Retrogameurs, allez-y les yeux fermés, c'est dans Gladbacher Str. derrière la basilique St Gereon ( enfin loin loin derrière quand vous venez du centre).

dimanche 4 février 2018

Quoi de neuf doc? des marcheurs soviétiques...




Le psychologue qui se penchera sur mon cas trouvera sans doute des tas de raisons à ma névrose accumulatrice. Mais il faudra quand même qu'il explique pourquoi je m'obstine à collectionner des marcheurs soviétiques et ca personne ne le sait. 10 ans, 3 gammes, At-43, Dust Tactics, Konflikt'47


jeudi 12 octobre 2017

La saga des jeux vidéo, Ichbiah, le numérique façon positiviste



J'ai déniché à la bibliothèque munincipale de mon bled un rayon consacré aux jeux vidéo. Enfin ,c'est pas un hasard, c'est Mansard, le pôle qui est de mèche avec Replay et les acteurs dijonnais du milieu. Moi je suis content, ça fait ma culture pop à peu de frais. J'ai pris un bouquin sur la Néo Geo et celui que vous voyez au sommet de ce post. C'est écrit par Daniel Ichbiah, c'est la 5e édition et ça date de 2011. Donc on va dire que depuis, ce champ de connaissance s'est un peu structuré. Mais quand même. 

Ce livre est vraiment, pour quelqu'un qui aime l'Histoire, un problème, le job de journaliste et d'historien ne sont pas les mêmes. Je ne prétends pas appartenir à ces derniers, mais j'ai une formation de..., c'est comme ça. Et puis un blog c'est pour troller des fois, faire un peu son hater, sinon autant fermer ma gueule. 

Le livre globalement se dévore, un peu comme ta bio de Bernard Tapie, celle que t'as lu dans les  années 80 ou celle de ton patron préféré à qui tu veux ressembler aujourd'hui. Mais c'est derrière des moments clés, sur l’apparition au hasard de Mario, de Sim City, ou Lara Croft, une succession incroyable de success story avec quelques loosers quand même. Le traitement est toujours identique, sur un mode très business, des mecs qui dorment pas et qui connaissent une incroyable ascension qu'ils ont du mal à gérer, de Bushnell à Ulrich en passant par les japonais et les évangélistes qui créent des villes, c'est toujours le même truc incroyable qui fini avec des millions ou des dettes. 

Des dates, peu d'analyse de fond, beaucoup d'anecdotes. C'est tout sauf de l'Histoire. Si ce secteur, veut avoir sa légitimité culturelle, il va falloir changer la donne, alors c'est sur que c'est pas avec l'Université Française, hyper rétrograde que ça va bouger, mais il se passe tout de même des choses dans certains IUT. Il faudrait juste que les types qui tentent d'écrire une histoire des jeux vidéo, il ouvre un livre général d'historiographie, qu'ils se renseignent sur les Annales ou n'importe quel autre truc d'importance pour arrêter de nous pondre des gros hors-séries de Challenge magazine. Là tout est fait pour une mise en intrigue, je leur demande pas de lire Paul Ricoeur, qui te fais dire combien ta vie elle est pourrie parce  qu'il y a des mecs qui bossent et qui sont des pionniers, des winners et qu'ils ont bien mérité leur gros pognon. Les autres c'est juste des putains de clients qui achètent des jeux, en fait des gros pigeons. Non je suis pas aigri, il faudra juste qu'un jour les amateurs cessent de faire nimp et laisse le taf aux professionnel, il y a je pense des tas d'aspects à étudier, bien plus sérieusement que l'auteur le fait ici. Allez je te laisse, je je critique un livre qu'il faut que je finisse, il me reste 90 pages. La collusion avec le pouvoir est cependant assez incroyable et on pourrait presque penser à une histoire politique du jeu vidéo d'une part, d'une géopolitique aussi, sans compter l'histoire sociale, culturelle, matérielle. Bref, historiens du futur prenez ce livre pour ce qu'il est, une putain de source de seconde main, mais en moins bien que Polybe cependant.  

dimanche 8 octobre 2017

Ta collection entre Culture matérielle et imaginaire romanesque


Émission intéressante cette semaine, dans La Fabrique de l'Histoire sur F.Cul. L'objet et la matière au XIXe. Ça parle de collection, d'accumulation, et comme je suis à la croisée des mondes, je me demande si les questions que se posent les historiens du XIXe sont valables pour les accumulateurs compulsifs que sont les geeks.


Un désir d'ailleurs. Ces historiens évoquent l'exotisme et le dépaysement, le voyage qu'on ne fera jamais (oui, ton monde fantasy, il existe pas). Alors c'est vrai, j'ai voyagé dans l'espace et le temps du camping des flots bleus de Raoul à la Constantinople du XIIIe dans Vampire, du New York années 30 de Cthulhu à Tatooine de Star wars D6. L'accumulation de JDR remplirait donc partiellement cette fonction d'exotisme depuis ton salon/garage/Studiodetonpote. Le wargame, en objet stendhalien et romanesque, qui te fait te prendre pour Napoléon, alors que tu n'es que Fabrice, et que tu ne comprends rien à l'aventure humaine qui est en train de se passer parallèlement à ta lubie,  enfin dans ta vie réelle.  

Le XIXe, c'est aussi le siècle de l'industrialisation et de la production d'objet, donc de la vulgarité des dits objets, on peut s'approvisionner aussi facilement en bibelots qu'en clix venant de l'autre bout du monde aujourd'hui. La création de coquillage faussement gravés par des pêcheurs normands peut-elle être comparée avec la fabrication de clix faussement peints par des chinois ?   Ca ouvre des pistes de réflexions tu trouves pas ?

Plus certainement c'est aussi un jeu de distinction. De bourgeois qui veulent doter leur appartement de vieilleries. Les joueurs que je connais, n'ont ni la place ni la possibilité financière de l'accumulation. Même si déjà au XIXe les autres classes sociales s'y mettent et qu'il existe de modestes collections, c'est un façon d'étaler sa puissance, c'est une extension de cette volonté de posséder. 

Quand ton navire Lego prend cette place, sur la cheminée, bourgeoise, comme toi et ton appart,  c'est que t'es conscient du détournement et que tu cherches même à signifier un truc à tes visiteurs

S'approprier des objets,  comme Nana de Zola ou le Cousin Pons, on remplit pour combler un vide, un échec, car comme Pons on ne sera ni Rossini, ni Gygax. Des Esseintes, le personnage du non moins célèbre "A Rebours", cherche à échapper au monde par la création d'un univers unique et singulier face à la société de conso mais au final il se retrouve étouffé par les objets. Comme lui,  je finirai dévoré par ma collec, alors que j'en ai fait un rempart contre le monde.

Oui, du coup j'ai commencé le cousin Pons, car ce n'est pas l'Histoire d'un homme mais d'une collection d'après Balzac lui-même.

 Cette culture matérielle, c'est aussi une nostalgie, une façon de garder une trace de ce qui disparaît. A ce titre, il est clair que je conserve de nombreux jeux, alors que je n'y rejouerai presque plus comme des artefacts, il en va ainsi de  version carte de Vampire, V: TES,  me permettant à chaque fois que je m'y plonge de retrouver des odeurs et des images d'une époque définitivement révolue. Mais pour ne pas être que tourné vers le passé, on investit dans le neuf, histoire de montrer qu'on est pas encore un vieux croûton ou dépassé, qu'on est encore dans le coup.

La question de l'emballage , qui colle un discours à des objets industriels, est particulièrement intéressante, tout ces boosters qui vendent du rêve encore plus que l'objet à tel point que je garde les emballage, j'ai un booster de tous les jeux à collectionner que j'ai pu acheté, des cartons vides de figs, des boites en carton de Lego. On s'est fait avoir, ce n'était fait que pour fabriquer une image , donner une imaginaire, une forme, mais c'est clairement une partie du trip. Sans compter qu'à ma mort et donc à la revente, si je veux pas que mes filles soit dépouillées, elles vont en avoir besoin des emballages pour en tirer un max, tu sais quand tu les supplieras de baisser les prix sur ce truc trop rare et complétement inutile que tu veux tellement.


A cause de cette accumulation d'objets, de l'envahissement des livres, des comics, des boites, on protège les appartements. Défendre pas seulement les biens, mais l'attachement affectif.  Heureusement, cela reste assez underground pour nous et le petit multimédia est l'objet privilégié des vols, plus que ton wargame photocopié dont il ne reste que peu d'exemplaires mais dont le nombre d'acquéreurs ne serait pas beaucoup plus élevé.

Il s'agit aussi de défendre l’expérience de l'accumulation, car c'est soi qu'on met dans son décors.L'ensemble fourni un décor bourgeois, révélateur de la psychologie des perso. Sur je suis un malade, comme tous les autres collectionneurs d'autres temps et d'autres sujets. Mais plus, d'après un documentaire que j'ai vu le soir même le jour où j'écoutais cette émission, un sociologue du cinéma disait que le passe-temps c'était renoncer à l'aventure et attendre sa propre mort. J'y verrai presque un discours de classe, avec une injonction capitalistique à entreprendre. Le passe-temps, pour moi un forme de sagesse qui m'offre une sérénité. Même si j'étouffe, n'oublie pas que toi aussi tu crèveras.

En attendant tu peux lire ça, et avoir un résumé ici